



Réalisation d’illustrations (2024) pour le documentaire « Tigré : viols, l’arme silencieuse » – ARTE Reportage – DIG Award 2025
Le lien pour le visionner est ici
Les illustrations ont été scannées au fur et à mesure de leur réalisation à l’encre pour permettre à la monteuse de les faire apparaître petit à petit. J’ai travaillé avec les mots de Rewa et d’Hélène, ainsi qu’avec de nombreuses photos de référence que m’avait envoyé les réalisatrices.






En Ethiopie, dans la région du Tigré, deux femmes se battent pour faire entendre les souffrances de leurs sœurs, victimes de viols de guerre. Ce reportage, signé Marianne Getti, a remporté le Grand Prix des moins de quarante minutes du festival de journalisme d’investigation DIG Award 2025.
L’une est une musicienne renommée de la région, l’autre est infirmière à l’hôpital public. A l’image de tous les Tigréens, une minorité qui représente 6% de la population éthiopienne, leur vie a basculé du jour au lendemain, avec le début de la guerre en novembre 2020.
Pendant deux longues années, entre 2020 et 2022, alors que les combats ont opposé le Tigré aux armées éthiopienne et érythréenne, une autre arme, silencieuse et insidieuse, a été utilisée : le viol, commis à une échelle totalement inédite, presque impensable.
Au moins 120 000 femmes auraient été violées pendant les seuls huit premiers mois du conflit… soit une femme sur dix. Ces crimes ont été commis dans le plus grand silence, à huis clos, loin du regard de la communauté internationale.
Aujourd’hui, elles se battent, chacune de leur côté, pour venir en aide aux milliers de femmes autour d’elles, abusées sexuellement par les soldats et les miliciens. Soins physiques mais aussi psychologiques, sensibilisation contre le rejet de toute une société, quête de justice… Le chemin de la guérison sera long, accompagné de cette question lancinante qui les hante et parfois les épuise : « le monde nous a-t-il oublié ? »







J’ai pour la première fois vu mes dessins s’animer et être diffusé par une chaîne dont j’admire le travail @artefr . C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai essayé de peindre la vie d’avant la guerre de deux femmes tigréennes, Rewa et Hélène. C’est aussi avec beaucoup d’émotions que j’ai découvert l’entièreté du reportage à sa sortie, une telle violence ne devrait pas exister. Nulle part.
Merci à @agnesnbt et @mariannegetti de m’avoir embarqué dans leur dernière ligne droite et de m’avoir fait confiance.
Elles ont ouvert une cagnotte pour soutenir ces femmes.